Interview de Christophe Noël : la FACT et la Fédération Française de la Franchise unies face aux mutations du commerce

Comment la Fédération des Acteurs du Commerce dans les Territoires accompagne-t-elle aujourd’hui les mutations du commerce (omnicanalité, transformation des centres-villes, nouveaux usages, plateformes asiatiques,…) ?

La priorité de la FACT et de ses adhérents est que les lieux qui accueillent du commerce soient prospères et attractifs aux yeux de nos concitoyens.

Christophe Noël – Délégué Général de la FACT

Pour ce faire, notre premier combat est pédagogique : non, le commerce n’est pas un secteur uniformément en crise, pas plus qu’il n’est inéluctablement voué au déclin : il a créé 600 000 emplois ces 20 dernières années, et près de 40 % des villes françaises sont parvenues à réduire la vacance commerciale lors de la dernière mandature municipale.

Le problème avec le discours décliniste dont on nous abreuve, c’est qu’il justifierait de nouvelles politiques de régulation à l’égard du commerce physique. Ce que nous demandons, c’est l’arrêt de l’empilement des contraintes, et d’arrêter de croire qu’une d’administration, quelle qu’elle soit, serait plus à même de réguler l’activité du commerce que le marché et la libre concurrence entre les acteurs. Cette tentation de la régulation doit être combattue par tous les acteurs du commerce. Nous voulons travailler avec les élus et les collectivités, dans un esprit de partenariat et de coopération renforcée.

 

En quoi la franchise constitue-t-elle, selon vous, un levier clé pour dynamiser les territoires et renforcer l’attractivité commerciale locale ?

La franchise a démontré depuis des décennies déjà que combiner l’ambition et la volonté d’un indépendant investi dans son entreprise avec la puissance d’un réseau et d’une marque donne des résultats, le plus souvent positifs. Les Français ne s’y trompent pas, eux qui plébiscitent ce type d’enseignes. Et ces dernières savent que pouvoir compter sur des entrepreneurs investis est souvent la clé de la réussite. Des commerçants motivés, qui connaissent leur clientèle et travaillent à lui apporter le meilleur service possible, et des concepts solides. C’est ce dont les sites commerciaux ont besoin.

 

Quels sont, selon vous, les axes de collaboration prioritaires entre votre Fédération et la Fédération Française de la Franchise pour répondre aux défis des territoires dans les années à venir ?

Face aux grandes mutations du commerce, il existe aujourd’hui une tentation de réguler encore davantage un secteur économique qui est pourtant déjà certainement l’un des plus contraint. La FFF et la Fact défendent ensemble les principes de la libre entreprise et de la libre concurrence. Celle-ci doit néanmoins être équitable et loyale. Nous demandons que les pouvoirs publics poursuivent leur lutte contre la concurrence déloyale de certains acteurs du e-commerce et permette aux commerçants présents dans le monde physique d’opérer leurs activités avec plus de souplesse. Ouverture le dimanche, amplitude horaire la semaine, liberté d’établissement… Nous ne demandons pas des subventions, mais de pouvoir exercer nos activités dans des conditions favorables, notamment en travaillant sur la qualité des parcours marchands, à l’intérieur des centres-villes.