Parole d'expert FFF : Olga Zakharova-Renaud & Cécile Peskine

La Lettre des Experts du Collège de la FFF

Ils partagent avec les réseaux adhérents, leurs réflexions, leurs analyses 
et bonnes idées pour les accompagner dans cette crise du coronavirus. 

 

15 avril 2020 - Franchisés et franchiseurs : Affronter et sortir de la crise par le haut, ensemble !

Par Olga Zakharova-Renaud, Cabinet BMGB et Associés

& Cécile Peskine, Cabinet Linkea


Dans le contexte actuel de crise sanitaire et économique, l'adage "L'Union fait la Force" trouve tout son sens, et le choix d'un développement en réseau toute son importance.

Le présent article a vocation à dresser un premier état des lieux - non exhaustif - d'une stratégie d'action commune afin de permettre aux réseaux d'affronter la situation de crise actuelle, préparer une meilleure sortie et d’anticiper la gestion des crises futures.

Et - signe de ce nécessaire front commun qui doit regrouper Franchiseur et Franchisés sous le même maillot dans l’intérêt supérieur de leur réseau - deux expertes, avocates, spécialiste de la défense des franchisés pour l'une, et spécialiste de la défense des franchiseurs pour l'autre, partagent leurs réflexions croisées.

Partie 1

Quelles mesures communes pour la gestion de crise ?

Devant l’évolution quotidienne de la situation sanitaire et législative, les réseaux ont des difficultés à suivre et à comprendre la portée des textes initiés et/ou adoptés par le gouvernement, autant qu’ils ont du mal à gérer la trésorerie exsangue des entreprises pour passer la crise et assurer la reprise d’activité.

Sur les deux tableaux, le franchiseur et les franchisés doivent rechercher des solutions qui leur permettront, à chacun et ensemble, de préserver leur survie car, rappelons-le, il n’y aura pas de franchise sans le franchiseur, comme il n’y a pas de réseau de franchise sans les franchisés.

Cette période de crise justifie une communication efficace à l’intérieur du réseau et une collaboration constructive entre la représentation des franchisés et les équipes du franchiseur (à l’instar de certains réseaux).

- L'assistance à l'octroi des aides

Le couperet est tombé le samedi soir, à 20 heures - d'une fermeture de tous les lieux "non essentiels" dès minuit. Laissant ainsi 4 minuscules heures de répit aux commerçants français pour tirer leurs rideaux, évacuer leur stock en essuyant les pertes liées, et remercier leur personnel, ce "jusqu'à nouvel ordre". Et ce n'est que quelques jours plus tard que le Gouvernement a ouvert les pistes des mesures d'aides aux entreprises dans ce contexte ébranlé.

Aides, nombreuses sur le papier, néanmoins souvent limitées dans leurs effets : franchisés et franchiseurs attendent encore - pour certains - leurs identifiants permettant de bénéficier des mesures de chômage partiel. En attendant, il est nécessaire de payer les salaires pour pouvoir prétendre à cette mesure.

D'autres s'aperçoivent que l'octroi de financements garantis par la BPI s'avère moins évident que prévu. A l’heure actuelle, avant d’accorder un financement garanti par la BPI, nombreuses banques demandent de justifier des mesures prises et des efforts faits par le Franchiseur à l’égard du Franchisé et du réseau.

Bailleurs, persistants de leur côté pour certains à demander le paiement des loyers et n'octroyant généralement qu'un report de ceux-ci.

Nombreux sont les franchiseurs qui ont pris les rênes pour épauler leurs franchisés, les aider à mieux comprendre les dispositifs d'aides en place, déchiffrer les textes, et d'en traduire les termes au réseau.

Le devoir d'information du Franchiseur - en temps normal focalisé sur son savoir-faire - a ainsi migré pour donner lieu à des newsletters et communiqués expliquant précisément aux franchisés les dispositifs règlementaires les concernant, et les démarches à mettre en œuvre pour en bénéficier.

Nos conseils :

Suivez l'actualité en temps réel, faites-vous conseiller pour comprendre les mesures règlementaires qui évoluent très régulièrement, tracez et documentez les démarches effectuées auprès de l'administration, des organismes sociaux et des bailleurs.

Pour les Franchiseurs : rédigez un communiqué standard, clair et succinct (une page suffit) personnalisé pour chaque Franchisé, expliquant son statut, l'historique de l'enseigne, et qu'il bénéficie de l'accompagnement d'une marque nationale et d'un réseau qui met en place une stratégie pour faire face à la crise.

Ce communiqué permettra au Franchisé de conforter ses démarches auprès de ses différents interlocuteurs, la carte "Franchise" étant un facteur sécurisant pour les tiers.

Pour les Franchisés : remontez régulièrement l’information au Franchiseur sur les particularités de votre situation. Mutualisez les informations et les solutions de gestion « terrain » avec les autres franchisés, au moyen de la représentation collective si elle existe (association, groupement, syndicat des franchisés, commissions diverses) ou en mettant en place les groupes WhatsApp, auxquels les représentants du franchiseur peuvent également être inclus.

- Aller plus loin : l'octroi d'aides internes au réseau

S'agissant des réseaux dont l'activité est purement suspendue, les Franchiseurs ont également décidé de décaler le paiement des redevances, voire, si la trésorerie le permet, appliquer une réduction ou exonération de celles-ci dans certains cas.

Sur le plan juridique, les textes n'imposent pas expressément au Franchiseur de suspendre ou d'effacer l'ardoise, celui-ci continuant à exercer sa mission, et redoublant même d'efforts à ce titre en temps de crise. Néanmoins, certains Franchiseurs ont pris les devants, allant même jusqu'à proposer un dispositif d'aides économiques aux Franchisés les plus touchés.

Nos conseils :

Définissez un prévisionnel type des dépenses et charges fixes, à personnaliser par chaque Franchisé.

Listez les pistes pour que ces dépenses et charges puissent être réduites, suspendues ou reportées à plus tard.

Effectuez un micro-pilotage des comptes de l'entreprise.

Pour les Franchisés : faites un « état des lieux » avec votre expert-comptable, identifiez les pistes de réduction des charges. Evaluez l’opportunité d’un prêt de trésorerie garanti par la BPI en fonction de la situation d’endettement actuel et des capitaux propres de votre entreprise.

Certains contrats prévoient le payement d'une redevance minimum garantie (RMG) due même en absence de chiffre d’affaires réalisé. Dans les conditions de crise actuelle et de fermeture subie des établissements franchisées, engager une discussion constructive avec le Franchiseur pour déterminer dans quelle mesure celui-ci est à même de poursuivre le service et l'assistance rendus au réseau sans prélever cette redevance pendant la période de fermeture, ou en la réduisant.

Pour le Franchiseur : envisagez des solutions de soutien individualisées, notamment à l’égard des franchisés ayant essuyé un refus de financement bancaire (moratoires de paiement, mises en contact des franchisés avec l'ensemble de vos partenaires bancaires, référencement d'une solution de prêt cadre pour l'ensemble du réseau…).

A suivre : Partie 2 « Faire évoluer le savoir-faire – Plan d’action « après-crise »

 



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