Parole d'expert FFF : Laurent Delafontaine

 La Lettre des Experts du Collège de la FFF

Ils partagent avec les réseaux adhérents, leurs réflexions, leurs analyses 
et bonnes idées pour les accompagner dans cette crise du coronavirus. 


 

15 avril 2020 - La franchise plus forte que la crise ?

Par Laurent Delafontaine, Axe Réseaux


Si les chiffres démontrent[1] que la majorité des commerces sous enseigne sont économiquement plus robustes que les commerçants indépendants, il est intéressant de constater dans le temps, que les commerçants en franchise résistent mieux aux effets de crise. Nous pouvons mettre en avant plusieurs raisons qui, n’en doutons pas, fonctionneront aussi pour l’actuelle crise du Covid 19.

Les commerces sous enseigne, moins nombreux mais majoritaires en chiffre d’affaires

25% des points de vente appartient à un réseau d’enseigne, qui représentent plus des deux tiers du chiffre d’affaires et de la surface de vente. Le chiffre d’affaires moyen par établissement est six fois plus élevé sous enseigne qu’hors réseau, et le chiffre d’affaires par personne occupée d’un magasin en réseau s’élève à 280 000 euros en moyenne contre 200 000 euros hors réseau[2]. Les entreprises composées d’un seul commerce sont largement majoritaires en nombre de magasins, mais nettement moins en surface, en chiffre d’affaires, et en emploi.

Retenons que l’entrepreneur indépendant, qui commercialise sa propre production sous sa propre marque, est plus nombreux en France, mais aussi plus « petit ».

Le franchisé, commerçant sous enseigne mais indépendant et à taille humaine

58% des franchisés ont investis moins de 100K€ dans leur commerce, 48% des franchisés réalisent moins de 500K€ de chiffre d’affaires, et 35 % des franchisés déclarent que leur conjoint travaille (ou les assiste) avec eux dans l’affaire[1] . Nous sommes donc bien loin de la typologie des PME, et beaucoup plus proche de l’entrepreneur familial, juridiquement indépendant, exploitant au quotidien son commerce avec ou sans collaborateur, proche de ses clients et de l’environnement économique dont il est souvent issu.

Retenons que la différence avec d’autres commerçants indépendants, réside dans l’appartenance contractuelle à un réseau d’entrepreneurs, commercialisant la même offre, sous la même enseigne commerciale.

Le commerce de détail à travers les crises

Si nous prenons la dernière crise économique majeure de 2008, La sinistralité s'est étendue à l'ensemble des entreprises sans distinction de taille, avec cependant une augmentation significative du nombre d'entreprises employant plus de 100 salariés. En effet, Les dettes d'une grande entreprise défaillante sont en moyenne 10 fois plus importantes que celles d'une PME et 100 fois plus que celles d'une TPE[2]

C’est la construction et l'immobilier qui ont contribué à l'augmentation générale des dépôts de bilan de 2008, ces deux secteurs représentant 30% des défaillances nationales et 25% des effectifs salariés. Le commerce enregistre pour sa part 11.959 jugements[3]. Autre époque, autre crise, en 2013, le nombre des faillites d'entreprises de plus d'un million de chiffre d'affaires en France était proche du niveau record enregistré au plus haut de la crise en 2009[4].

Retenons que la taille « moyenne » d’une entreprise ne joue pas en sa faveur en période de crise. Les « grosses » bénéficient d’un large actionnariat et du support des banques qui y sont fortement exposées. Les « petites » bénéficient de faibles charges, de l’agilité du modèle et de l’implication directe du dirigeant.

La croissance de la franchise par temps de crise

En comparaison chronologique avec les crises économiques de 2008 et 2010, il est notable de constater dans le tableau ci-dessous une croissance continue du nombre de franchiseurs et du nombre de franchisés en 2009, 2010 et 2011[5].

Alors s’il est angélique d’affirmer que la franchise ne connait pas la crise, les avantages de ce système sont certains avec l’exemple de l’immobilier : en 2012 le nombre de cessions d'activité oscillait entre 2 000 et 3 000 pour une profession qui comptait 25 000 agences, dont plus de 4 000 sous enseigne. Les enseignes phares Orpi, Century 21, Laforêt Immobilier et Guy Hoquet ont toutes un concept et un marketing, des outils digitaux, des formations et surtout une forte notoriété. Or, en période crise, cet élément devient un avantage concurrentiel de taille pour les consommateurs, devenus méfiants.

Aucun de ses réseaux n’a vu fondre ses agences aussi fortement que la moyenne sectorielle et tous ont poursuivis leur croissance sur 2011[6].

Pourquoi y croire

A la différence des crises précédentes qui reposaient sur des dysfonctionnements économiques lourds, la crise actuelle est la conséquence d’une pandémie sur laquelle se penchent les laboratoires du monde entier. Ce vaccin arrivera et la société reprendra son cours, les usines produiront, les magasins commercialiseront et les consommateurs consommeront. Probablement que les comportements vont évoluer et en particulier les achats à distance, le télétravail, les priorités budgétaires… Mais la terre continuera de tourner.

Être franchisé est une chance dans cette future reprise : pour un restaurateur bénéficier des moyens publicitaires, pour un caviste bénéficier de la centrale d’achat, pour un commerçant profiter du multicanal, pour un hôtelier du site de réservation, pour un courtier des accords bancaires, pour une salle de sport le financement des machines, … Face à une diminution prévisible du pouvoir d’achat de chacun, la franchise permet de pouvoir proposer des atouts que d’autres commerçants n’ont pas.

 

Le proverbe africain : « Tout seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin » n’a jamais été aussi vrai.

[1] Source Étude Banque Populaires / FFF 2019
[2] Etude Coface 2010
[3] Source : Institut national de la statistique
[4] Source: Euler Hermes
[5] Source: Fédération française de la franchise
[6] Source : Article https://agences.acheterlouerpro.fr/expression/numero20/enquete.htm


Nos partenaires

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies ou technologies similaires pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts En savoir plus