Etude de cas
Les Richard ont passé plus de vingt ans de leur vie professionnelle dans la proximité. Un vrai choix de vie.

23 ans dans la proximité

L’histoire de Jean et de Josiane Richard, franchisés 8 à Huit dans la périphérie d’Angers, pourrait servir de fil rouge à l’histoire plus générale des commerces de proximité alimentaire. Jean et Josiane se sont installés dans leur 200 mètres carrés de magasin il y a 23 ans, au cœur d’un petit centre commercial qui dessert le quartier Bédier, sur la route (très passante) de Cholet. “Au début, nous étions sous enseigne Codec. Promodès a tout racheté en 1989 et nous sommes passés sous enseigne Score... Ça, ça n’existe plus. Promodès devait réorganiser tout son réseau. En 1993, l’enseigne 8 à Huit a été créée et nous sommes devenus 8 à Huit...

Suivre les évolutions de l’enseigne.

Le magasin, lumineux, impeccable, a été l’un des premiers de la région à adopter la nouvelle identité visuelle. “On était en pleine préparation de ce changement lorsque l’enseigne nous a proposé de présenter un dossier aux Rubans. On s’est dit : pourquoi pas ? À l’époque, nous étions franchisés déjà depuis un bon moment, nous prenions très volontiers des stagiaires en formation... Pour nous, cela relevait de la même démarche de participation à la vie de l’enseigne.”Et Josiane et Jean se sont retrouvés à Franchise Expo 2001 avec les quelques 25 autres récipiendaires des Rubans 2001. “Je ne crois pas ceux qui disent que les récompenses n’ont pas de signification pour eux, dit en souriant Josiane Richard. Pour nous, les Rubans ont été une reconnaissance du travail et du temps consacrés à notre entreprise, à notre enseigne.” Du reste, le diplôme est encore scotché sur le mur du petit bureau des Richard, au sous-sol du magasin.

La proximité : du temps pour les autres.

Et du temps, les Richard n’en sont pas avares. Le magasin fonctionne avec quatre personnes et demie : Jean et Josiane, une personne en rayon boucherie et deux caissières en temps partiel. Le magasin est ouvert tous les jours de 8 heures 30 à 12 h 30, de 15 heures 30 à 19 heures, tous les jours - y compris le dimanche, où le rideau, tout de même, se baisse à 13 heures. “Mais nous sommes là dès 6 heures 30 pour les approvisionnements, les réassorts, la mise en rayon... Mon mari et moi travaillons entre 60 et 70 heures par semaine.

Mécanismes locaux : la loi de l’emplacement.

C’est le lot de nombre de commerçants de proximité. Champions du dépannage, de la petit baguette le matin, du paquet de gâteaux à la sortie des cours. À 500 mètres du 8 à Huit du centre Lorette, il y a un supermarché ; dans une périphérie d’un kilomètre règnent pas moins de quatre hypermarchés. “Notre rôle est bien différent. Ancrés dans un petit centre commercial qui offre déjà un marchant de tabac, une poste, une brasserie, nous avons une clientèle composée pour moitié de mères de famille et de personnes âgées, le matin, et dans l’après-midi de scolaires et de passants. Le panier moyen est de six euros !”Depuis peu, le petit centre commercial, où le 8 à Huit des Richard, avec ses belles couleurs et sa fraîcheur, n’a aucun mal à attirer le regard, s’est adjoint un Jardin des Fleurs tout aussi pimpant. “Nous amène-t-il de la fréquentation en plus ? Comme il est de l’autre côté du boulevard, ce n’est pas évident... Mais ce qui est certain, c’est qu’il a complètement dynamisé l’offre de fleurs dans le quartier ! Par contre, nous qui vendions toujours quelques bouquets, nous ne le faisons plus ...”.

Diversification.

Ce qui n’empêche pas les Richard de continuer à soigner la diversification et la présentation. “En accord avec Carrefour proximité, nous avons ainsi pu ouvrir un point chaud et proposer des produits de boulangerie que nous cuisons sur place, à partir de pâte fraîche... et non surgelée ! C’est un plus. Nous sommes passés de 80 à 200 baguettes par jour.”Le 8 à Huit comporte également un vrai rayon boucherie, et une belle offre de fruits et légumes disposés, comme le requiert le nouveau concept, sur d’appétissantes “bergeries”. “L’assistance et le suivi de l’enseigne sont permanents. Nous avons un chef de secteur, qui passe régulièrement ; des réunions de secteur, des formations - que nous suivons aussi régulièrement que possible. Les réunions permettent de découvrir les produits nouveaux, de parler de problèmes que nous pouvons éventuellement rencontrer - gestion du personnel, horaires, approvisionnements... Depuis quelques années, nous avons une bonne relation avec le seul autre 8 à Huit d’Angers, qui se trouve à un petit kilomètre d’ici. La clientèle et les propositions sont complètement différentes, mais nous avons tout de même pas mal de choses en commun.

La question de la transmission.

Les Richard envisagent maintenant, avec une certaine sérénité, le jour où il le faudra passer à autre chose. “Pendant vingt-trois ans, nous avons énormément travaillé. Une semaine de vacances par an... quand il y avait possibilité de la prendre. Nos deux enfants ont peut-être trouvé cela un peu dur, parfois !” Et tant que la plus jeune n’a pas fini ses études, les Richard resteront aux commandes du 8 à Huit.

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