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C’est l’enquête annuelle sur la franchise en France qui le dit et le répète année après année : plus de 70 % des franchisés sont d’anciens salariés. Pourquoi ont-ils franchi le pas, quels étaient leurs projets, leurs attentes, leurs espérances ? Avec Christophe Cattoen, dynamique franchisé d’un réseau qui ne l’est pas moins, quelques aperçus des moments qui sépare la vie de bureau de l’entreprise indépendante. L’enseigne a encore l’éclat du neuf, et bouscule un peu ce tronçon d’avenue dédié aux agences de location de voiture et aux banques. Cette agence Cartridge World, Christophe Cattoen vient tout juste de l’ouvrir. Après des études de commerce, le jeune (31 ans) Fresnois est entré dans une grande entreprise de l’agro-alimentaire. “Il n’y avait pas beaucoup d’évolution... J’ai été repéré par un chasseur de tête, et j’ai changé d’entreprise. Et de spécialité, puisque je suis passé au marketing.” Au bout de deux ans, Christophe cependant ronge son frein. “J’avais envie de revenir sur le terrain. Je suis reparti dans une PME, un challenger du secteur de la chips.” Trois ans plus tard, les mêmes questions reviennent. “Cette fois-ci, j’ai commencé à réfléchir sur d’autres pistes. Pourquoi ne pas reprendre une société ? En juillet dernier, j’ai eu une opportunité de reprise, qui n’a pas abouti.” La piste franchise est apparue quelques semaines plus tard, lors d’un mariage, et d’une conversation amicale. “Un de nos amis, qui avait deux agences en franchise, voulait se diversifier, et m’a proposé de prendre une agence Cartridge World à Bordeaux. Ça non plus, ça n’a pas marché... Mais la graine était plantée.” Ensuite, tout va très vite : dès août 2006, Christophe étudie les possibilités qu’offre Cartridge World, pèse le pour et le contre, et négocie un licenciement avec son employeur. “Avec eux, ça s’est très bien passé. Ils trouvaient le projet intéressant et m’ont encouragé à franchir le pas.” Christophe Cattoen a ainsi pu bénéficier d’une aide à la création d’entreprise. Ce qui lui a permis d’envisager l’aventure avec un peu plus de sérénité. Comme on ne fait rien à moitié chez les Cattoen, Christophe s’est retrouvé au même moment père d’un troisième enfant, une petite fille née juste après l’ouverture du magasin. “Il a fallu trouver une organisation... Ma femme me soutient à fond... Le magasin est ouvert 6 jours sur 7 ; et le dimanche, c’est les enfants... “ Christophe entrevoit deux ou trois ans de ceinture un peu serrée. “On aura alors une entreprise stable, mieux assise, avec peut-être d’autres agences, une force de frappe intéressante pour traiter avec de gros clients.” Pour autant, il ne se voit pas vraiment tranquille et installé dans dix ans. “Est-ce qu’un entrepreneur est jamais tranquille ?” C’est sans nul doute cette motivation pour le moins intense qui a séduit Cartridge World. “Je leur ai envoyé mon dossier en septembre, par divers biais... Ils ont pris contact très vite, et j’ai rencontré Jérôme Decourselles, le développeur de l’enseigne, très rapidement.” En parallèle, Christophe a travaillé sur son implantation. Son choix se porte assez rapidement sur Antony. Cette ville de la banlieue sud, entre Nationale 20 et Parc de Sceaux, se développe rapidement, accueille de nombreuses PME et un taux élevé de ménages CSP +. “Le problème, c’était le local... Les emplacements sont chers.” Christophe finit par dénicher un local en jachère sur la nationale 20, juste en face d’une annexe de la Poste et d’un arrêt de bus. “Là aussi, c’est ma motivation qui a fini par emporter le morceau ! Il y avait d’autres propositions, mais j’ai pu contacter directement le propriétaire, lui expliquer ma démarche... et lui faire une belle offre.”Au passage, Christophe Cattoen ne tarit pas d’éloges sur l’accueil des élus locaux. “J’ai été très bien reçu à la mairie, notamment par l’adjoint au commerce.Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu pour accélérer le projet.” La combinaison est idéale ; l’emplacement permet à l’agence d’attirer l’attention des particuliers comme celle des nombreuses PME du secteur. Une fois le contrat signé, Christophe Cattoen est parti en formation en Angleterre, à Harrowgate, qui est le centre historique du développement de l’enseigne en Europe. Formation intensive et de qualité, qui ouvre la porte du monde - pas si évident que cela - du recyclage de cartouches. “Ce qui séduit dans Cartridge World, c’est l’approche très qualitative. Et en retour, la nécessité pour les franchisés de fournir un service à la hauteur...” Illustration immédiate avec une cliente, quelque peu dépassée par les événements. La veille, le magasin lui a fourni deux cartouches pour son imprimante à jet d’encre. Et la machine refuse de fonctionner... Christophe Cattoen finit par proposer de passer voir ce qui se passe. Visiblement, les contacts de l’imprimante, d’un modèle peu récent, sont hors service. “C’est important de montrer qu’on est vraiment dans le service de proximité.” Une conversation avec un franchisé Cartridge World ne peut d’ailleurs faire de vous qu’un adepte du recyclage. Les franchisés sont les meilleurs ambassadeurs du savoir-faire... La cartouche d’encre est sans doute l’un des consommables les plus irritants de la vie privée ou professionnelle : cher, d’un modèle parfois impossible à trouver dans votre supermarché de base, et disposé à s’épuiser le jour où vous en avez le plus besoin. C’est là qu’intervient Cartridge World. Le magasin dispose de toutes les encres possibles et imaginables, d’une batterie d’imprimantes pour tester la cartouche recyclée, et - si les clients insistent vraiment - de modèles génériques de cartouches (dits “compatibles”), moins onéreux que les cartouches de marque, mais non recyclables. Bien sûr, pour devenir client de l’enseigne, il faut apporter sa cartouche à recycler. C’est le début d’une spirale vertueuse. Le magasin recycle et remplit la cartouche ; et le client repart avec une cartouche “comme neuve”, dont le coût est moitié moindre que celle d’une neuve. Une cartouche jet d’encre peut être en moyenne recyclée de 6 à 9 fois. Les laser ont une durée de vie encore plus longue. “Le marché est encore très peu organisé, et l’enseigne veut s’imposer comme le leader et comme une référence de proximité dans les 3 à 5 ans qui viennent”, s’enthousiasme Christophe. On ira changer sa cartouche comme on achète une baguette. Le geste est gagnant-gagnant : les décharges ne sont plus envahies par des cartouches particulièrement polluantes, les consommateurs font une économie substancielle, et de jeunes entrepreneurs comme Christophe créent des richesses et de l’emploi. L’agence d’Antony emploie aujourd’hui un salarié. Ce réflexe Cartridge World est bien sûr lié pour partie au développement du réseau. Pour l’heure, il comprend plus de 80 franchisés en France (au Royaume-Uni, c’est bien plus). C’est un pari que Christophe fait d’autant plus volontiers qu’il a ; comme quelques autres franchisés de l’enseigne, l’intention d’ouvrir dans un an ou deux une autre agence. Et le réseau lui a déjà amplement prouvé ses capacités d’accueil et d’assistance. “J’ai assisté à la convention 2006 ; et j’ai été joint très rapidement par la commission des franchisés de la région parisienne pour travailler avec eux sur des projets de communication.” L’agence bénéficiera en particulier d’un projet de quart de page dans le quotidien gratuit 20 mn, à paraître en mars. De son côté, Christophe communique dans le journal municipal, distribue des flyers et envoie des emails aux entreprises locales. En commission. “La commission Ile de France est toute récente ; on s’entend tous très bien, on a le même esprit de progrès... On discute essentiellement de communication, de synergie sur les achats ; on échange de l’information sur la concurrence, l’état du marché... Pour le moment, il n’y a pas d’autre commission régionale : nous servons de test à l’enseigne.” Ce dispositif d’animation est complété par une association de franchisés. “C’est bien d’avoir un peu de débat dans un réseau comme celui-là, où la plupart des franchisés sont très motivés. Le franchiseur est à l’écoute, et c’est bien sûr très appréciable.” En plus de la formation et de l’assistance, le réseau apporte bien évidemment les référencements de toutes les encres, les machines à nettoyer (la plus impressionnante d’entre elles, un aspirateur à encre en poudre, s’appelle le “trou noir”) et un certain nombre de consommables en vente dans le magasin - cartouches dites compatibles, papier, CD... et des imprimantes neuves à prix très attractifs. Même si l’on ne peut parler de bilan, les premiers chiffres parlent d’eux-mêmes. “On a déjà nettement dépassé le CA mensuel qu’on avait prévu de faire...” Christophe ne regrette pas une seconde d’avoir franchi le pas. Et s’il a appelé sa société Happy family, ce n’est pas non plus un hasard : “C’est un pari que j’ai fait pour nous cinq, mes enfants, ma femme et moi.” Dans la même rubrique |
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